Friday, February 23, 2007

L'absence de valeurs communes au Canada

Ceci est le dernier d’une série de quatre éditoriaux concernant l’enquête sur le racisme au Québec menée par la firme de sondage Léger Marketing durant le temps des fêtes. L’analyse socio-historique qui se dégageait de chaque éditorial fut la banalisation du nationalisme ethnique (ou racial) tant chez bon nombre des descendants des peuples fondateurs du Canada que chez bien des personnes issues des ethnies minoritaires.

Conséquemment, cet éditorial fusionnera les deux derniers éditoriaux dans le but de traiter d’une manière synthétique le vide idéologique absolu auquel nous faisons face, en tant que Canadiens, en raison de la Loi du multiculturalisme à cette époque de post-modernité. Pour ce faire, il faut remonter vers le 19e siècle et déboulonner certaines idées reçues.

La fondation du Canada

Quoique nos politiciens disent, le Canada, au cours de son histoire, n’a jamais eu un ensemble de valeurs communes. En effet, rappelez-vous qu’avant la signature de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique qui décrète initialement la création du Canada en 1867 entre les provinces de l’Ontario, du Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, les Canadiens français et les Anglo-Canadiens n’ont jamais pu s’entendre sur un ensemble de valeurs communes.


Les pères fondateurs de l'État canadien en 1867 à Charlottetown

Aucune valeurs communes? Que dis-je? La seule valeur qui éliminait la couche épaisse de papiers invisibles entre les deux solitudes était (et encore aujourd’hui) la tradition de gouvernement responsable. D’après cette tradition informelle héritée de la philosophie politique britannique, un Premier ministre, bien qu'il soit nommé par le Gouverneur général, doit d'abord et avant tout rendre des comptes à la Chambre des Communes et au Sénat. De plus, si la Chambre des Communes fait passer un vote de non-confiance, le Premier ministre doit, par tradition, se plier aux demandes de cette Chambre et déclencher des élections.

Les deux solitudes

Évidemment, la fondation du Canada était perçue comme étant un compromis entre deux peuples. Bien sûr, les Pères de la Confédération considéreront que le Canada était constitué de deux sociétés relativement différentes les unes des autres, en plus d’avoir ouvertement et communément le racisme comme moteur existentiel. D’après l’historien canadien Allan Smith, «[l]’une était francophone, catholique et, avec quelques réserves, agraire et féodale» alors que «[l]’autre était anglophone, protestante, axée sur le commerce et possédait une vision de la société marquée par un libéralisme conservateur».


Mgr Louis-Adolphe Paquet

Pour mettre en relief les différences entre les deux solitudes, le théologien Mgr Louis-Adolphe Paquet, lors d’un sermon prononcé le 23 juin 1902 (veille de la Saint-Jean-Baptiste) à Québec au sujet de «la vocation de la race française en Amérique», avait déclaré :

Oui, sachons le bien, nous (les Canadiens français) ne sommes pas seulement une race civilisée, nous sommes des pionniers de la civilisation; nous ne sommes pas seulement un peuple religieux, nous sommes des messagers de l’idée religieuse. Notre mission est moins de manier des capitaux que de remuer des idées; elle consiste moins à allumer le feu des usines qu’à entretenir et à faire rayonner au loin le foyer lumineux de la religion et de la pensée. Pendant que nos rivaux (Anglo-Canadiens et Américains) revendiquent, sans doute dans des luttes courtoises, l’hégémonie de l’industrie et de la finance, nous ambitionnerons avant tout l’honneur de la doctrine et les palmes de l’apostolat.1

D’après Paquet, même si la richesse financière n'était pas nécessairement liée aux pires turpitudes, les Canadiens français seraient apparemment le peuple choisi pour répandre la foi en Amérique du Nord. En effet, il indique que si la foi ne guide pas une personne correctement, son âme pourrait être consommée par le confort financier. De plus, inutile de dire que pour ce théologien qui fut apprécié par plusieurs de ses contemporains, la recherche du confort financier n'était pas une nécessité en soi.

Par contre, l’une des preuves historiques montrant les deux solitudes, en matières de polarisation idéologique, reposaient surtout dans la conception du droit des femmes. Même si le Canada était un pays sexiste, la loi électorale fédérale (qui était élaborée par nul autre que des politiciens anglophones) permettaient déjà aux femmes de voter, en 1917, au nom de leur mari envoyé au front.2


L'ancien Premier ministre du Québec Adélard Godbout

Vers 1919, la loi fédérale permettra aux femmes de voter et les gouvernements provinciaux devaient, à leur tour, faire approuver cette loi à leur parlement provincial. Bien sûr, les provinces anglophpones n'attendront pas longtemps pour approuver la loi électorale fédérale. Dans le cas du Québec, le gouvernement libéral d’Adélard Godbout octroiera le droit de vote aux femmes le 25 avril 1940. En gros, à vous de jauger l’état des deux solitudes…

D'ailleurs, dès le 19e siècle, les immigrants étaient tellement désorientés, car au-delà du biculturalisme canadien, il n'y avait pas de valeurs qui pouvaient cimenter tous les citoyens collectivement d'un océan à l'autre. De plus, le biculturalisme canadien constituait plus souvent qu’autrement une raison pour ces immigrants de garder leur culture ancestrale tout en apprenant à parler l’anglais (au Québec, la majorité des immigrants, étaient envoyés dans les écoles anglaises), d’après Allan Smith :

[Les immigrants] débarquant en Amérique du Nord britannique (Canada) après leur traversée de l’Atlantique ne trouvèrent, à leur arrivée, aucun ensemble de valeurs particulier ni mode de vie unique qu’ils devraient adopter, rien en faveur de quoi il leur faudrait se départir du bagage culturel qu’ils amenaient avec eux. Ils étaient perçus par [les anglophones et les francophones] comme les représentants de cultures particulières de l’Ancien Monde et non comme des individus qui devaient d’abord et avant tout embrasser une toute nouvelle façon de vivre.3

S’ajoute aussi à cela, le fait qu’au 19e siècle, les anglophones et les francophones ne voulaient pas faire une course à l’assimilation des minorités ethniques. Même si bon nombre d’immigrants européens (et surtout leurs enfants) allant vivre dans les provinces anglophones furent assimilés d’une manière indéterminée, il n’en demeure que même jusqu’à aujourd’hui, la majorité des immigrants voient le partage du Canada comme étant une lutte interethnique entre les anglophones et les francophones.

Les nationalistes des Prairies

Toutefois, au-delà des généralisations, vers 1890, la majorité des nationalistes canadiens des Prairies (surtout au Manitoba) affirmaient leur différence idéologique en préconisant une opposition virulente à la dualité culturelle (cette opposition sera moins forte en 1897). Vers 1909, les Prairies se sentiront de plus en plus différents du reste du Canada lorsqu’on pense que le romancier Ralph Connor fut convaincu qu’une nation était réellement en train de se former dans ce que nous appelons, à tort, «l’Ouest canadien».


Le romancier Ralph Connor

Dans la préface du roman The Foreigner: A Tale of Saskatchewan (1909), Connor expliquait que cette nation sera le résultat d’un «mélange [progressif] de races aux traditions, aux idéaux, aux langues et aux modes de vie divers, saxonne et slave, teutonne, celte et gauloise». De plus, ce révérend proposera «un genre d’impérialisme intérieur» (Smith, 2005) qui consistait à imposer fermement la culture canadienne aux minorités ethniques. Donc, on pourrait voir cela comme une tentative d'importer le concept du creuset culturel (melting pot).

Or, ce désir ne verra jamais le jour, car Connor, en essayant de reproduire le concept du creuset (melting pot), faisait face à «l’impossibilité de décrire un type national canadien auquel tous les éléments de la société canadienne auraient pu s’identifier», comme l’écrivait l’historien Allan Smith. D’ailleurs, cela explique pourquoi la majorité des gens venant des Prairies, de nos jours, sont reconnus pour leur farouche opposition à la Loi du multiculturalisme (entrée en vigueur en 1971) et à la Charte des droits et des libertés, car ces deux poids lourds des lois canadiennes empêchent l’intégration des minorités ethniques, selon eux.

Dans les années 1920, la majorité des gens des Prairies exigeront de plus en plus l’enracinement dans la mentalité collective du pays une définition ferme de la nature exacte d’un Canadien. Malheureusement, la publication du livre Romantic Canada (1922), écrit par Victoria Hayward et Edith S. Watson, et de Our Canadian Mosaic (1926), écrit par Kate A. Foster, marque la victoire 1) du concept de «mosaïque culturelle»; 2) de l’opposition de la majorité des Canadiens pour la notion de creuset culturel (sauf dans les Prairies); 3) du nationalisme ethnique au Québec de l'époque et 4) du nationalisme racial dans les autres provinces anglophones.

En fait, la raison pour laquelle les anglophones et les francophones ont toujours mal vu l’assimilation des minorités ethniques est surtout enracinée dans… l’anti-américanisme propre au Canada! En effet, les deux peuples fondateurs voyaient les Américains, les inventeurs du concept de creuset culturel (melting pot), comme étant des gens bornés d’esprit et obsédés par la conformité culturelle. Quoi de mieux qu’un extrait de l'introduction écrite par Edward J. O’Brien dans Romantic Canada:

[Ces] belles et uniques traditions raciales [appartenant aux ethnies minoritaires] […] ont survécu et se sont épanouies au Canada, tandis que par un processus de standardisation borné, l’amour de la conformité les a fait disparaître aux États-Unis. Au Canada, le Highlander écossais, l’Acadien et le doukhobor, par exemple, n’ont pas été contraints d’oublier leurs souvenirs. Le nouveau terreau a fait fleurir les coutumes de leurs ancêtres. Toute terre nouvelle n’a pas cette sage tolérance […]4

Quoiqu’en dise O’Brien, derrière son discours sur cette supposée «sage tolérance», se cachait plutôt une vérité: les Canadiens français et les Anglo-Canadiens étaient théoriquement plus conservateurs que les Américains. En effet, selon les Canadiens français et les Anglo-Canadiens de l'époque, l'intégration (ou l'assimilation) des minorités ethniques impliquait un «mélange de sang» avec des «races inférieures». Inutile de dire que les descendants des peuples fondateurs étaient viscéralement convaincus que nos voisins du Sud étaient en route vers «un déclin dans l'échelle des nations». De plus, ayant toujours conçu une «identité nationale» respectivement dans une optique raciale et ethnique, beaucoup d'Anglo-Canadiens et de Canadiens français ont toujours eu la certitude que la présence d'immigrants casse l'homogénéité culturelle d'un pays contrairement aux Américains qui croient que tous les immigrants devaient devenir un «homme (sic) nouveau», dixit l'écrivain américain du 18e siècle Hector St. John de Crèvecoeur (un des penseurs du melting pot).

Si on se transporte au présent, on remarque que la majorité des descendants des peuples fondateurs ne sont pas des racistes notoires, certes. Or, on remarque qu'ils sont, sans même le réaliser, marqués par leurs ancêtres. En effet, pour avoir connu beaucoup de francophones et d'anglophones, je suis très bien placé pour vous dire que bon nombre d'entre eux n'arrêtent pas de me renvoyer directement à mes racines ancestrales (alors que je suis bel et bien né au Canada!) en refusant de me considérer comme un Canadien, car apparemment, je ne suis pas un blanc à leurs yeux. Malgré l'évacuation du racisme, bien des descendants des deux peuples fondateurs ont toujours inconsciemment exclu les minorités ethniques de la définition d'un Canadien ou d'un Québécois, sous prétexte de différences raciales ou ethniques. Bref, beaucoup de francophones et d'anglophones sont respectivement des nationalistes ethniques ou raciaux sans même le réaliser!

Quel futur pour le Canada?

Même si, à partir des années 1960, le racisme a été évacué de la mentalité collective des francophones et des anglophones, ceux-ci, sans même le réaliser, entraveront toujours l’intégration des ethnies minoritaires en les renvoyant diplomatiquement à leurs racines ancestrales. En gros, devant un tel problème, le gouvernement canadien devrait abolir le multiculturalisme et modifier en profondeur la Charte des droits et des libertés en y insérant des valeurs communes afin d’ouvrir la porte à un processus d’assimilation comportementale des ethnies minoritaires. Encore faudrait-il que les francophones et les anglophones changent en profondeur leur mentalité.

Dans la même série éditoriale

1. La réciprocité interethnique

2. L'intégration des ethnies minoritaires

3. L'Homo canadienus et l'Homo québécus



1. Louis-Adolphe Paquet cité par Denis Monière. Pour comprendre le nationalisme au Québec et ailleurs, Les Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2006, p. 96

2. Parlement du Canada. «Droite de vote aux femmes au Canada», (page consultée le 22 février 2007)

3. Allan Smith. Le Canada: une nation américaine? - Réflexions sur le continentalisme, l'identité et la mentalité canadienne; Les Presses de l'Université Laval, coll. «Américana», dir. Jean-François Côté, Québec, 2005, p. 198

4. Introduction d'Edward J. O’ Brien dans Victoria Hayward et Edith S. Watson, Romantic Canada, Toronto, 1922, p. XIII ; Cité dans Allan Smith. Op. cit., p. 203

Thursday, February 22, 2007

Keeping people informed about the illegitimacy of multiculturalism

Hi there, I'm just back for a few moment. No, I mean, I'll be back tomorrow, but I found a very interesting article about multiculturalism from an Australian newspaper. Anyway just read it and tell me what you think about this article (here's the link):


***

Pour les lecteurs francophones de ce monde, je publierai demain le dernier d'une série de quatre éditoriaux sur l'enquête bâclée au sujet du racisme menée par la firme de sondage Léger Marketing. Ceci étant dit, gardez votre patience, car j'espère que l'éditorial créera beaucoup de discussions concernant les effets de notre histoire nationale.

Friday, February 16, 2007

L'Homo canadienus et l'Homo québécus

Ceci est le troisième d’une série de quatre éditoriaux concernant l’enquête sur le racisme au Québec menée par la firme de sondage Léger Marketing pendant le temps des fêtes. Alors que l’éditorial précédent montrait le nationalisme canadien ou québécois vu à travers les yeux des ethnies minoritaires, celui-ci présentera ce nationalisme selon l’optique des descendants des deux peuples fondateurs du Canada, sans généraliser, de la Nouvelle-France jusqu’à aujourd’hui.

Évidemment, nul ne peut mettre les difficultés auxquelles les ethnies minoritaires font face pour s’intégrer uniquement sur celles-ci comme le font très souvent des spécialistes d’une discipline quelconque des sciences humaines griffonnant dans le magazine séparatiste L’Action Nationale. En effet, des recherches historiques remontant jusqu’au 19e siècle montrent très clairement que les anglophones et les francophones (pas tous) ont toujours, sans même le réaliser, entravé l’intégration des ethnies minoritaires.

Qu’on se le tienne pour dit : alors que le nationalisme a généralement une nature raciale (i.e. couleur de la peau) dans les provinces canadiennes à prédominance anglo-saxonne (particulièrement en Colombie-Britannique), au Québec, le nationalisme est vu par bien des Franco-Québécois (pas tous) comme étant une propriété ethnique et ancestrale.

La Nouvelle-France

À l’époque de la Nouvelle-France, des gens comme Samuel de Champlain, Jean-Baptiste Colbert et Jean Talon voulaient «élever» et assimiler les Autochtones afin que ceux-ci deviennent des Français, selon l’historien Marcel Trudel. De plus, l’auteur des excellents livres Mythes et réalités dans l’histoire du Québec disponibles en trois tomes ajoute que les Français tenaient à ce que «les Sauvages» forment de concert avec eux un «même peuple et un même sang» sur une terre qui sera à l’image de la France, c’est-à-dire «une colonie de race blanche» (Lionel Groulx, 1950), francophone et catholique.

Champlain faisait bien rire les Amérindiens en disant : «Nos garçons se marieront avec vos filles et nous ne serons plus qu’un peuple. » Sur une note plus négative en 1666, Colbert se lamentait en compagnie de Talon en constatant que les Autochtones n’ont pas été forcés à «s’instruire dans notre langue». En plus, de dire Colbert sur un ton colonialiste, «pour avoir quelque commerce avec eux, nos Français ont été nécessités d’apprendre [leur langue].»

Toutefois, le marquis Pierre de Vaudreuil, le dernier gouverneur général de la Nouvelle-France, signe un document de capitulation le 8 septembre 1760, le jour qui «a jeté le Canada par terre» (Guy Frégault, 1955), après avoir crié faiblesse devant les troupes britanniques sous la houlette du général Jeffery Amherst. En vivant le jour et la nuit «sous un nouveau drapeau», comme l’écrivit l’historien américain Francis Parkman, les Canadiens changeront collectivement leur manière de voir le nationalisme.

Les Canadiens français du Québec

Vers le 19e siècle, les Canadiens français du Québec se reconnaîtront collectivement dans l’idéologie du terroir. Évidemment, cette idéologie émanant du clergé préconisait l'importance de préserver la langue française et la religion catholique, d'abord et avant tout. D'ailleurs, cela peut sûrement vous faire penser à ces fameuses lignes du roman Maria Chapdelaine (1916), de Louis Hémon:

C’est pourquoi il faut rester dans la province où nos pères (les colons français) sont restés, et vivre comme ils ont vécu, pour obéir au commandement inexprimé qui s’est formé dans leurs cœurs, qui a passé dans les nôtres et que nous devrons transmettre à notre tour de nombreux enfants : Au pays de Québec rien ne doit mourir et rien ne doit changer…1

D'ailleurs, à l'époque de l'idéologie du terroir jusqu'à la Grande Noirceur, bon nombre de personnes issues de cette «race qui ne sait pas mourir» (Louis Hémon, 1916) développeront une crainte envers les étrangers. En d'autres mots, ces gens «né[s] d'une race fière» (poème d'Adolphe-Basile Routhier, 1880) étaient tellement repliés sur eux-même qu'ils n'osaient pas entrer en contact avec les immigrants.

Cette crainte se transformera très rapidement en racisme, dans un contexte ou les descendants des colons français se verront comme un groupe ethnique fragile et menacé par la présence anglo-saxonne. D'où ce désintérêt pour transmettre leur culture aux immigrants, car le «mélange des races» était mal perçu (les immigrants irlandais constituent une exception). De plus, selon Trudel, «il arriv[ait] souvent que pour désigner le groupe ethnique, [les Canadiens français utilisaient] indifféremment les mots race, nation et peuple».2

Les Anglo-Canadiens

Dès 1867, les Anglo-Canadiens n'étaient pas réceptifs à l'idée d'accueillir des immigrants, puisqu'ils étaient préoccupés par l'assimilation des Canadiens français. Toutefois, en souhaitant que le Canada demeure un pays uniquement blanc (ce désir restera jusqu'en 1963), les Anglo-Canadiens réaliseront que «l'assimilation [des Néo-Canadiens de race blanche] s'est faite d'une manière indéterminée».3

Évidemment, cela renforcera de plus en plus le désir des Anglo-Canadiens de voir les francophones vivant à l'extérieur du Québec être assimiliés (cette mentalité s'estompera graduellement dans les années 1960). En revanche, ce qui est toujours ancré dans la mentalité de plusieurs Anglo-Canadiens, c'est la notion qui veut qu'un Canadien vivant dans le Canada anglais soit théoriquement un blanc maîtrisant l'anglais, de préférence (c'est de là que vient l'expression "speak white!"). Inutile d'ajouter que les immigrants chinois devaient payer une taxe d'entrée extrêmement grande (jusqu'en 1947) et dans le cas des autres immigrants asiatiques, le gouvernement canadien prenait les moyens de compliquer leur arrivée sans les faire payer une taxe d'entrée.

La nordicité

L'un des pilliers fondateurs du nationalisme canadien est sans aucun doute la nordicité. Au 19e siècle, Sir John George Bourinot, un historien anglo-canadien, définissait la nation canadienne d'abord et avant tout comme une soi-disant espèce particulière de «la race blanche». Toutefois, celui-ci maintenait que la supériorité des Canadiens (blanc de préférence, selon le contexte) étaient enracinée dans leurs racines ancestrales indiquant que les colons anglais appartenaient à un pays nordique, en l'occurence de la Grande-Bretagne.

Apparemment, cette nordicité héritée des colons anglais leur donneraient une capacité physique à affronter tous les climats (surtout l'hiver) et à se dépasser dans le travail. Une telle théorie raciste était utilisée pour justifier l'exclusion des Asiatiques ("une race biologiquement inassimilable") et les Européens méditerranéens et de l'Est (des gens apparemment paresseux, aux dires des Anglo-Canadiens de l'époque).

Contrairement à ce que nous pensons, malgré les relents de racisme, les Canadiens français n'étaient pas nécessairement exclus du nationalisme canadien tel que conçu par Bourinot, d'après l'historien canadien Allan Smith. En effet, Bourinot, tout comme bon nombre d'Anglo-Canadiens, était viscéralement convaincus que la raison expliquant la virilité des Canadiens français venait de leurs ancêtres Normands (un peuple scandinave, et conséquemment nordique, qui s'était établi en France).

Conclusion

L'intention de cet éditorial n'est pas de brosser un portrait extrêmement cupablisant du Canada (ou plutôt des francophones et des anglophones). En fait, l'objectif consistait plutôt à montrer que même si le racisme a été graduellement marginalisé au sein de la société canadienne à partir des années 1960, le nationalisme racial/ethnique venant de plusieurs descendants des deux peuples fondateurs du Canada se manifeste très subtilement dans un discours bonasse et innocent cachant un pharisaïsme extrêmement irritant.

De plus, l'une des raisons expliquant le fait que le Canada n'est pas un creuset à deux volets est bien simple: en plus de n'avoir jamais été capables de s'entendre sur des valeurs communes (sauf la tradition du gouvernement responsable), bien des francophones et des anglophones (ceci n'est pas une généralisation!) ont toujours une définition respectivement ethnique et raciale de l'identité canadienne enracinée profondément dans leur mentalité.

Dans la même série éditoriale:




1. Christian Braën et al. Littérature québécoise du XXe siècle – Introduction à la dissertation critique, Décarie éditeur, Ville Mont-Royal, 1997, p. 51

2. Marcel Trudel. «Cette génération (la mienne) élevée dans le racisme» dans Mythes et réalités dans l'histoire du Québec, tome 2, Hurtubise HMH, coll. «Cahiers du Québec/Histoire», dir. Jean-Pierre Wallot, Montréal, 2004, p. 156

3. Allan Smith. Le Canada: une nation américaine? - Réflexions sur le continentalisme, l'identité et la mentalité canadienne; Les Presses de l'Université Laval, coll. «Américana», dir. Jean-François Côté, Saint-Nicolas, 2005, p. 209

Saturday, February 10, 2007

To Jean Charest: Take a Penny and Buy a Pair of Balls!

Jean Charest, the Premier of Quebec.
Quebec's Premier Jean Charest

On Thursday, Quebec’s Premier Jean Charest decided to appoint historian Gérard Bouchard and philosopher Charles Taylor at the helm of a study commission. According to the objective set by Jean Charest, Bouchard and Taylor will eventually publish their study in March 2008 about how the traditions of newcomers must be reasonably accommodated.

The leader of the Parti Québécois André Boisclair applauded such an initiative through a press communiqué and was elated to see that Charest "showed some leadership". As for, Mario Dumont, the leader of the Action Démocratique du Québec, he indicated that it was a way for Charest to dodge the debate on religious accommodations. Evidently, the creation of a study commission tells us that Quebec's Premier is just a mute pussy when it comes to talk about religion.

Charles TaylorGérard Bouchard
From left to right: Philosopher Charles Taylor and historian Gérard Bouchard

That being said, Jean Charest dithers to adopt a clear stance on "unreasonable concessions" (Richard Martineau) because he doesn't want to see the support from ethnic minorities wane. In fact, with their highly admirable political IQ, most ethnic people speculate by upholding that criticizing religious accommodations is racist.

While he knows that he's not that popular outside Montreal, Jean Charest doesn't want the ethnic minorities to regard him as a demagogue reminiscent of, let's say, Adolf Hitler (?). To Charest, "newcomers [...] come to Quebec to share our success, to live freely and to build a new life". He also added that "[Quebeckers] need what [newcomers] have to offer Quebec" since they "enrich [us] with their knowledge and culture".

With such a politically correct discourse, why doesn't Jean Charest go aboard in the vessel of "Captain" Stéphane Dion? Charest knows that many ridings of Montreal are meant to keep his party alive. Nothing less. Nothing more.

However, Quebec's Premier is not aware that he displays many serious signs of weakness. Instead of immediately trying to find a way to reassure Quebeckers through a rhetoric full of nuances and concrete measures, Jean Charest is saying implicitly that he wants this debate on religious accommodations to be over. Call this a chronic lack of leadership! That debate is not going to die off all by itself whether our Premier likes it or not.

Furthermore, creating a study commission led by Gérard Bouchard and Charles Taylor also allows Jean Charest to, in a manner of speaking, postpone the debate on religious accommodations given the fact that the report (that contains recommendations) will be published in March 2008. In short, you can expect Jean Charest to take an ideological rest for one year...

Unfortunately, by the time the report of the study commission gets published, the chasm between pro-secularism Quebeckers and religious minorities could be worryingly large. In fact, postponing the debate on religious accommodations for the next year as Jean Charest did it will not stop the activities of Quebec's Court of Appeal or the Canadian Supreme Court.

Since a study commission, in the Canadian political tradition, is non-partisan by nature, its purpose is to emit recommendations to the government. By that way, Jean Charest wouldn't have to say all by himself what should be done with religious accommodations because someone else is doing it for him as strange as it might look.

During the election, Jean Charest can certainly brag about the fact that he attempted to establish a dialogue between all Quebeckers through Gérard Bouchard and Charles Taylor. Unfortunately for him, most Quebeckers will probably see the creation of a study commission as a despicable display of indolence from Charest.

Seriously, what an incredible stroke of genius! Honestly, real leaders don't turn their brain off and ask two scholars to think for them as far as we know. By only deciding to either accept or refuse some the pro-accommodation recommendations of Gérard Bouchard and Charles Taylor, Charest just wants to look good in the opinion of ethnic minorities.

Did he forget that he represents the whole population? No solutions without representation in the case of religious accommodation, please, Mr. Charest. Nobody is interested to hear the opinion of Gérard Bouchard and Charles Taylor, because we didn't elect them. Up to now, Jean Charest and André Boisclair can tell us when they'll leave their respective ivory tower.

Tuesday, February 6, 2007

André Drouin's Legendary Clumsiness

On Sunday, André Drouin, a municipal councillor of a village called Hérouxville, went on the set of the French Canadian talk-show Tout le monde en parle. Obviously, Drouin was there to talk about his village’s secular “Way of Life” (it forbids “the stoning of women” and religious accommodation), which is a short document newly approved by Hérouxville’s municipal council.

Before André Drouin gave his interview to the host Guy A. Lepage, who is assisted by Danny Turcotte, it was easy to understand the motives behind the approval of Hérouxville’s municipal “Way of Life”.


From left to right: Danny Turcotte and Guy A. Lepage

The initiative of Hérouxville’s municipal councillors that is meant to tell their exasperation (caused by the incapacity of many Canadian politicians to adopt a stance on the issue of religious accommodation to minorities) was certainly noble; to be very honest with you, it’s about time that Canada fully becomes a real secular country like France and the Netherlands in order to proceed to a behavioural assimilation of ethnic minorities.

However, on the set of the talk-show Tout le monde en parle, André Drouin displayed a legendary clumsiness because of his ambiguous remarks and arguments about the legitimacy of his village’s municipal document dictating the unique “Way of Life”. Is André Drouin a racist? I don't think so. Besides looking like a clown at times, he was just unable to bring nuances in his arguments.


André Drouin on the set of Tout le monde en parle

Canada, at this very moment, is being more divided than it looks. On one side, regardless of the ethnicity, some people are demanding that this country becomes fully secular and embraces a common set of values, or in other words a creed, for all citizens. On the other hand, there are a bunch of immigrants, coming from religious minorities, who want to be religiously accommodated.

During the show, what was André Drouin referring to by talking about “the people’s values” (“les valeurs du peuple”)? Was it about the values of Canadians or about those of the people living in the village of Hérouxville (which is located in the Canadian province of Quebec)? Unfortunately, he still looks like someone who will enlarge the gap between religious minorities and other Canadians, because it seems that he was exhorting immigrants to conform to the values of white French and English Canadians. In short, he looked more like an ethnic nationalist rather than like a proud Canadian who advocates a doctrine of melting pot meant to unite people, regardless of the ethnicity, around one culture and a common credo.

By talking about “the people's values”, André Drouin gave to immigrants with a particular religious background the feeling that they just don't fit into our society. In fact, these immigrants, up to now, are having the feeling hat they must adopt a set of values of the dominant ethnic group in Quebec (i.e. white French Canadians). In spite of his intentions' nobleness, did André Drouin mention who are the Canadians or in his case, who are the people of Hérouxville?

André Drouin is not Mario Dumont or French philosopher Pascal Bruckner, who was also another guest at Sunday's edition of Tout le monde en parle. In fact, Drouin should have said that secularism is a common value that must be shared by everybody regardless of the ethnic background just the same way all Americans have to commonly recognize themselves in their national Creed.

At this very moment, the government must abolish the policy of multiculturalism and change the Canadian Charter of Rights and Freedoms. Afterwards, secularism must be declared nationwide just the same way it was done in France. André Drouin's intention was certainly noble; it was just a few words used in his arguments (stoning women is already forbidden in Canada) that undermined his credibility. Up to now, Drouin, regardless of his intentions, will have the difficulty to fix his minor blunders.

Here are the two parts (only in French) of his interview found on YouTube:


Friday, February 2, 2007

L'intégration des ethnies minoritaires

Voici le deuxième d’une série de quatre éditoriaux traitant de l’enquête menée par la firme de sondage Léger Marketing lors du temps des fêtes au sujet du racisme au Québec. Après avoir parlé du nationalisme ethnique chez bon nombre de francophones et anglophones au Canada dans l’éditorial La réciprocité interethnique, je traiterai d’un sujet tabou relégué aux oubliettes par les médias : le racisme et la xénophobie chez les ethnies minoritaires.

Un survol progressif du sujet du débat est nécessaire afin d’arriver vers le racisme et de la xénophobie chez les ethnies minoritaires.

Étant l’antithèse du concept de creuset culturel (melting pot), la politique du multiculturalisme encourage les ethnies minoritaires à garder leur culture ancestrale et l’exprimer dans la sphère publique afin « d’enrichir l’identité nationale du Canada ».

Or, incite-t-on réellement l’intégration des ethnies minoritaires, en faisant croire que toutes les cultures minoritaires et les deux cultures dominantes (anglophones et francophones) forment, d’une manière égale, l’identité nationale canadienne? Non. J’imagine qu’un flot de pourpre montera au visage de Julius Grey si jamais il ose lire les prochains paragraphes de cet éditorial…

À force d’être encouragés d’exprimer les différences dans la sphère publique, bon nombre de Néo-Canadiens en viennent à voir la véritable culture d'accueil comme une culture étrangère (ou comme une culture inférieure à la leur). De plus, cette perception de la part des minorités ethniques peut aussi se métamorphoser très rapidement en une conviction catégoriquement sotte selon laquelle la vraie culture canadienne est une culture « appartenant uniquement aux blancs francophones et anglophones ».

Dans l’éditorial précédent, je soutenais que le vrai problème au Québec (et par extension au Canada) est la banalisation du nationalisme ethnique chez bon nombre de francophones et anglophones (ceci n’est pas une généralisation) au moment présent. Bien sûr, certains Néo-Canadiens sont tellement accoutumés de se faire dire par beaucoup de francophones et anglophones qu’ils ne sont pas des Canadiens (ou des Québécois) et cela explique leur difficulté de s’intégrer dans notre société.

Toutefois, cette difficulté d’intégration est accrue davantage chez les minorités visibles selon une étude conjointement réalisée par Jeffrey Reitz, un sociologue de l’Université de Toronto, et la doctorante Rupa Banerjee. Pour résumer la thèse des deux sociologues, la journaliste du Globe and Mail Marina Jiménez écrivait que « l’intégration [des minorités visibles] est entravée par un sentiment de discrimination et de vulnérabilité » pouvant être défini par un malaise qui se manifeste dans la vie en société « en raison de l’identité raciale et la crainte d’être victime d’une attaque [verbale à connotation] raciale. »1

Les minorités dites « visibles » voient le nationalisme ethnique comme étant une chose normale. Pourquoi en est-il ainsi? Ces gens-là (ex : Noirs, Asiatiques, etc.) ont des racines dans des pays tous définis par 1) le nationalisme ethnique et parfois 2) le racisme (les pays est-asiatiques, en particulier). Incroyable mais vrai, la majorité des Canadiens issus des minorités visibles pensent que la culture d’un pays quelconque appartient à un groupe ethnique spécifique (dans le cas du Canada, il est sûrement question des deux peuples fondateurs, selon l’optique arriérée de plusieurs membres des minorités visibles).

Puisque les problèmes d’intégration ne datent pas nécessairement des années 1990, période pendant laquelle le gouvernement canadien commençait progressivement à ouvrir la porte aux « accommodements raisonnables », les immigrants ont toujours eu de la difficulté à s’intégrer au Canada. Dans Le Canada : une nation américaine?, l’historien canadien Allan Smith mentionne que dès le 19e siècle, le Canada, nonobstant sa dualité culturelle, n’a jamais su intégrer ses minorités ethniques et cimenter ses citoyens autour d’un ensemble de valeurs communes et d’un mode vie unique comme c’est le cas aux États-Unis qui s’étaient dotés du fameux « Credo Américain » (American Creed) prônant (sans être écrit quelque part) en particulier un respect sans bornes de la démocratie, la liberté, la loyauté envers les États-Unis, le respect du droit à la propriété privée ainsi que le respect du libéralisme économique (l’ancêtre du capitalisme) hérité de la pensée anglaise:

[Les immigrants] débarquant en Amérique du Nord britannique (Canada) après leur traversée de l’Atlantique ne trouvèrent, à leur arrivée, aucun ensemble de valeurs particulier ni mode de vie unique qu’ils devraient adopter, rien en faveur de quoi il leur faudrait se départir du bagage culturel qu’ils amenaient avec eux. Ils (les immigrants en général) étaient perçus par [les anglophones et les francophones] comme les représentants de cultures particulières de l’Ancien Monde et non comme des individus qui devaient d’abord et avant tout embrasser une toute nouvelle façon de vivre.2

Étant profondément enracinés dans la mentalité de beaucoup d’anglophones et de francophones, ces comportements de négligence idéologique datant du 19e siècle ont des répercussions sur le Canada d’aujourd’hui. L’immigration massive de musulmans, d’Hindous et Sikh est une chose très récente. Évidemment, cela explique le choc culturel auquel nous assistons lorsque les cas de « concessions déraisonnables » (Richard Martineau), tous aussi saugrenus les uns et les autres, nourrissent les manchettes.

En effet, les francophones et les anglophones ont toujours gardé en eux, sans même s’en rendre compte, leur réflexe transmis subtilement par leurs ancêtres. En revanche, on remarque de plus en plus une volonté de la part des descendants des deux peuples fondateurs de vouloir soumettre les ethnies minoritaires aux « valeurs communes » (Mario Dumont). Toutefois, nul ne peut dire si la mentalité de nationalisme ethnique a été évacuée de la mentalité collective de tous les francophones et les anglophones.

La politique du multiculturalisme cause-t-elle l’enclavement psychologique de beaucoup de membres des ethnies minoritaires? Indubitablement. En restant dans leur ghetto psychologique, bien des membres des ethnies minoritaires finissent par se voir comme des étrangers au Canada. Dans certains cas, s’ajoute à ce sentiment d’aliénation un dédain ou une ignorance crasse envers la culture du pays d’accueil. En effet, étant encouragés à exprimer leur différence, bien des gens des ethnies minoritaires gardent leur allégeance envers le pays de leurs ancêtres, mais dans certains cas, un racisme anti-Canadien (et anti-Québécois) peut se développer.

Des gens des ethnies minoritaires, après leur arrivée au Canada, peuvent potentiellement s’accrocher à la conviction que le Canada n’a aucune culture en raison de… la colonisation française et britannique, paraît-il. De plus, certains Néo-Canadiens pensant que leur pays d’accueil n’a pas de culture croient qu’ils sont investis d’une mission : apporter leur culture pour « enrichir » leur pays d’accueil qui est, selon leur opinion, « culturellement vide ». Ceci étant dit, certaines personnes issues des ethnies minoritaires, en raison de leur complexe de supériorité culturelle et raciale, expriment parfois en privé un sentiment frôlant le colonialisme à l’égard des francophones et des anglophones sans oublier le racisme que certaines ethnies minoritaires ont entre elles.

Beaucoup de Néo-Canadiens constatent de plus en plus un réveil idéologique chez l’ensemble des francophones et des anglophones tant attendu par plusieurs nationalistes canadiens et séparatistes québécois issus des minorités ethniques (ceux qui sont bien intégrés) en raison de l’élasticité démesurée des « accommodements raisonnables ». Par contre, un réveil idéologique est-il suffisant? Non. Les francophones et les anglophones, conjointement avec les membres bien intégrés des minorités ethniques, doivent s’opposer une fois pour toute à la Loi sur le multiculturalisme. À mon avis, ce débat stérile au sujet des « accommodements raisonnables » renforce de plus en plus la légitimité du besoin de procéder à une intégration menant à une « assimilation comportementale » (Allan Smith) des ethnies minoritaires dans la société canadienne autour d’un credo politique et idéologique (qui pourrait différer de celui des Américains) que nul ne peut remettre en question.

Prochain éditorial : le nationalisme canadien et québécois.

Dans la même série éditoriale:
1. La réciprocité interethnique

Notes de bas de page:
1. Marina Jiménez. « How Canadian are you? - Visible-minority immigrants and their children identify less and less with the country, report says », The Globe and Mail, Toronto, January 12, 2007, p. A1

2. Allan Smith. Le Canada: une nation américaine? - Réflexions sur le continentalisme, l'identité et la mentalité canadienne; Les Presses de l'Université Laval, coll. « Américana », dir. Jean-François Côté, Québec, 2005, p. 198

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