Wednesday, July 18, 2007

Ethnic Bashing in France?

Is it me or are white Western politicians too afraid to admit that there is a presence of ethnic nationalism in Western countries? Can France's president Nicolas Sarkozy remind some stupid French people that France was built on republican values that DO NOT take in consideration everybody's ethnic, religious and racial background?



© Le Monde.fr

Il faut sauver le soldat Dati
LE MONDE | 18.07.07
Nathalie Guibert et Patrick Roger

À l'Elysée, au gouvernement, dans la majorité, la ligne de riposte est arrêtée. Il n'y a pas de problème au ministère de la justice. Simplement une "campagne" visant à "salir" Rachida Dati. Mardi 17 juillet, elle défendait devant les députés le projet de loi sur la récidive promis par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Mais tel n'était pas le vrai sujet du jour. Avant la séance, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a demandé que "cessent les attaques inqualifiables" qui atteignent la nouvelle garde des sceaux depuis quelques jours.

Le matin, un communiqué de l'UMP avait donné la consigne : "L'UMP salue le travail accompli par Madame Rachida Dati. Patrick Devedjian (...) salue la force de caractère de Madame Rachida Dati, qui assume de façon remarquable le poids que les médias font désormais peser sur elle, et condamne de la façon la plus ferme les attaques et amalgames dont elle est aujourd'hui la victime."

Depuis la démission de son directeur de cabinet, vendredi 6 juillet, suivi de trois de ses conseillers, la ministre affronte ses premières difficultés. La coïncidence de la comparution de l'un de ses frères pour une affaire de stupéfiants devant la cour d'appel de Nancy, le jour même de l'examen du texte sur la récidive, a nourri la critique.

Les associations antiracistes ont placé le débat sur le terrain communautaire : "Rachida, une beurette à abattre ?", s'est interrogé Dominique Sopo, président de SOS-Racisme. Elle est "victime d'une campagne injuste du fait de la consonance de son patronyme", a soutenu Patrick Gaubert, pour la Licra.

Mais, deux mois après sa prise de fonctions, la ministre joue tout autre chose : une identité professionnelle, sa crédibilité dans le poste qui lui a été confié. Elle a "une obligation de réussite parce que sa présence Place Vendôme est un hommage à tous les enfants de France", a dit Nicolas Sarkozy, vendredi 13 juillet. Le choix de Rachida Dati, 41 ans, avait fait grincer des dents parmi les fidèles de l'UMP. D'aucuns pensaient que la jeune femme se verrait confier un secrétariat d'Etat.

Choisie comme un symbole, elle a hérité d'un ministère régalien. En deux mois, elle est devenue une icône républicaine. Face à ce miroir, elle sait qu'elle ne peut pas décevoir. Ses collaborateurs, eux, savent qu'elle cherche encore à être sécurisée, rassurée. Rachida Dati a une formation de gestion ; elle a été auditrice chez Elf Aquitaine, chez Matra, à la Lyonnaise des eaux, avant d'entrer, pour trois ans, dans la magistrature. Puis d'enchaîner, depuis 2002, les postes de conseiller sous l'aile de Nicolas Sarkozy et de son épouse Cécilia, qui parle d'elle comme d'une "soeur". La voilà dans une fonction neuve, surexposée. "Un rodage" est normal, convient son entourage. "Le soutien, il est dans l'avis des Français au quotidien. Ça sera un soutien populaire", a-t-elle rétorqué sur RTL, mardi.

Mais, dans l'institution judiciaire, on s'inquiète. Car, sans même évoquer la gestion des affaires sensibles comme Clearstream, les chantiers ouverts sont lourds, et nombreux. Avec la loi contre la récidive et le projet de création du contrôleur général des lieux d'enfermement, la chancellerie porte d'emblée deux textes lors de la session extraordinaire.

La réforme de la carte judiciaire, sur laquelle ont échoué tous les gardes des sceaux depuis 1958, est promise pour 2008. Tout comme l'informatisation totale des tribunaux. A l'issue de l'été, devra être prête une loi pénitentiaire. La justice des mineurs est remise sur le métier. La négociation budgétaire s'annonce dure.

Pression et manque d'expérience : certains prédisent déjà le scénario catastrophe. La démission de Michel Dobkine a montré une faille. Le directeur de cabinet, magistrat proche de Patrick Ouart, le conseiller pour la justice de l'Elysée, avait été choisi par l'entourage de M. Sarkozy pour sa connaissance de la "boutique".

L'équipe installée, des techniciens, a explosé en quelques semaines. Avant même que le directeur ne prenne sa décision, estimant "ne pas être fait pour le job", plusieurs collaborateurs avaient réclamé de partir. Le nouveau cabinet ne sera pas constitué avant la fin juillet. "Personne ne veut y aller", assure un magistrat. Rachida Dati est perçue comme une "combattante", mais elle se voit reprocher son caractère autoritaire. "On ne peut pas être garde des sceaux et refuser la contradiction, penser que tout doit se plier à votre volonté pour obtenir tout, tout de suite", résume un expert de la Place Vendôme.

L'entourage de la ministre met tout cela sur le compte de la "volonté". La sienne se confond avec celle de Nicolas Sarkozy : "nous avons une mission du président de la République", ne cesse-t-elle de marteler. La conseillère pour la presse de Mme Dati, Laurence Lasserre, "dément formellement qu'elle ait mauvais caractère" et explique : "elle veut avancer. Pour elle, ministre, ce n'est pas une fin en soi. Si elle part dans un an ou dans deux ans, elle veut avoir réalisé des choses".

Les méthodes sont nouvelles : la ministre appelle directement les directeurs et responsables de services, sans respecter les formes chères à la hiérarchie judiciaire. Le 25 juin, la première réunion des chefs de cours d'appel, procureurs généraux et premiers présidents, s'est tenue comme un rassemblement de préfets, ce qu'exècrent les juges.

La ministre s'impose elle-même un rythme très soutenu, avec au moins deux déplacements par semaine sur le terrain. Les circulaires pleuvent. Tout doit aller vite. Trop vite ? Le secrétaire général de la chancellerie, l'aguerri Marc Moinard, qui fut directeur des affaires criminelles de Jacques Toubon, évoque un "engagement total, nécessaire car les chantiers engagés ne se feront pas autrement." D'autres traduisent : "disponibilité jour et nuit", "colères", "surchauffe".

Les services ont été mis sous tension. "Prendre les hauts magistrats à rebrousse-poil, ce peut être positif, car certains vivent dans un ronronnement sur le mode : "est-ce qu'on ne fait rien tout de suite ou est-ce qu'on attend un petit peu ?"", analyse Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). "Le problème, c'est le rythme et les relations humaines. Rachida Dati est dans l'hyper-communication, il faut qu'elle avance, et cette fuite en avant ne peut se satisfaire de réformes de fond."

Malgré des démentis, deux directeurs sont donnés partants avec insistance : Jean-Marie Huet, qui occupe le poste sensible de directeur des affaires criminelles, et supervise ainsi toutes les affaires pénales en cours. Et Léonard Bernard de la Gâtinais, le directeur des services judiciaires, qui coiffe les carrières et la discipline des magistrats, autre sujet délicat, situé au coeur du conflit entre Nicolas Sarkozy et les juges. La création d'une direction des ressources humaines des magistrats fait l'objet de discussions conflictuelles.

Grâce au nouveau directeur de cabinet, assure-t-on Place Vendôme, la confiance est en train d'être rétablie entre la ministre et ses services. Patrick Gérard l'a rencontrée en 1994, quand il était conseiller de François Bayrou au ministère de l'éducation nationale. Rachida Dati était alors mandatée par Hanifa Cherifi, la médiatrice dans les affaires de voile à l'école. "Qu'il y ait eu des incompréhensions, peut-être. Mais il n'y a pas de drame. Ni de dysfonctionnement", assure M. Gérard. "C'est vrai que c'est dur d'être un symbole pour le pays. Mais elle a un courage plus grand que l'on ne le croit." Le directeur demande qu'elle soit jugée sur les résultats.

Pour tous, le dossier de la carte judiciaire sera un test. Elus locaux, avocats, fonctionnaires guettent comme l'orage la suppression annoncée de tribunaux. Les spécialistes s'accordent à dire qu'une telle réforme, politiquement sensible, complexe et très coûteuse, ne peut passer que dans les premiers mois de la législature. Pourtant, la garde des sceaux a affirmé n'avoir "aucune idée préconçue". Une concertation a été lancée. Les propositions sont censées être élaborées en septembre. "Nous lui avons dit que son calendrier n'était pas tenable", indique Hélène Franco, du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). "Il y a un problème de méthode dans cette réforme", renchérit l'USM. Les avocats craignent qu'un schéma préétabli surgisse des cartons à la rentrée. Un bâtonnier remarque : "La ministre représente une institution, elle ne peut être complètement en décalage avec ceux qui la font vivre sur le terrain".

A l'Assemblée, la gauche a fait montre d'une grande prévenance. "Vous nous trouverez à vos côtés face à des attaques déplacées et qui n'ont pas lieu d'être", a déclaré mardi Manuel Valls (PS, Essonne). Dans la majorité, certains observent un "devoir de réserve". Ni Patrick Devedjian, qui pensait emménager Place Vendôme, ni Dominique Perben ou Pascal Clément, anciens titulaires du poste, ne se sont manifestés à l'occasion de la discussion du texte sur la récidive.

D'autres affichent une attitude pragmatique. "Ce que nous attendons maintenant, c'est le courage politique qui a peut-être manqué à d'autres époques pour s'attaquer à ce serpent de mer qu'est la carte judiciaire", a souligné Georges Fenech (UMP, Rhône). "Là, il va falloir montrer à la fois de la souplesse et de la fermeté."


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