Wednesday, March 14, 2007

Le combat des coqs à Québec

Incroyable mais vrai, l'un des plus grands détracteurs montréalais de Mario Dumont, en l'occurence du chroniqueur politique Michel C. Auger a dû admettre dans un billet que le chef de l'Action Démocratique du Québec (ADQ) a gagné le débat des chefs qui s'est tenu hier à Québec. Qu'on se le tienne pour dit: il n'y a pas eu de K.-O. dans ce débat d'une qualité relevant de l'olympisme.

Connu pour sa couardise et son vocabulaire de technocrate, le chef du Parti Québécois (PQ) André Boisclair a su renverser une panoplie de préjugés à son sujet. Il nous a finalement donné l'image d'un homme sachant communiquer dans un style clair et dépourvu de fioritures. Toutefois, malgré sa volonté de chauffer la plus haute chaise du Québec, le chef du PQ s'apparentait plus à quelqu'un qui tentait de sauver les meubles si on pense aux multiples gaffes qui souillent son image.

D'ailleurs, Boisclair n'avait ultimement rien à gagner dans ce combat de coqs. Il devait s'évertuer à ramener les séparatistes déçus au bercail. Néanmoins, ce "pied tendre" (Mario Dumont) est beaucoup trop centré sur lui-même et il affiche une très grande fragilité. Ne me demander surtout pas pourquoi ce dandy montréalais a tenté de bâillonner ses adversaires lorsque ce n'était pas son tour pour parler... Quand ça va mal, assurez-vous que vos adversaires ne puissent pas gratter allègrement sur vos plaies si avenantes!

De plus, André Boisclair a aussi gardé une très vieille bonne habitude: rester à l'ombre! Eh oui, même si votre opinion à son sujet change, je doute que vous ayez été impressionner par ses laïus.

Bref, Boisclair est certes capable de critiquer les prises de positions des autres chefs, mais pour pour ce qui est des idées, il demeure un coffre vide incapable de proposer des solutions. Un petit conseil: laisse les gens parler quand ce n'est pas ton tour, André. As-tu un problème, comme le disait Jean Charest?

Flottant sur un nuage, le chef de l'ADQ Mario Dumont a réussi à impressionner l'électorat québécois. De tous les deux chefs, cet économiste donnait réellement l'impression qu'il regardait les gens "dans les yeux" (Boisclair). Par contre, ce qui minait légèrement la crédibilité de Mario Dumont, ce fut les moments durant lesquels il en a arraché pour répondre tant que bien que mal aux attaques léchées de Charest et de Boisclair sur quelques sujets particulièrement chauds: l'assurance-médicament, l'abolition des commissions scolaires et l'autonomie.

Ces trois idées semblaient carrément toutes faites à la hâte. Malgré cela, Mario Dumont a su rester solide et combattif en répliquant tantôt avec une argumentation d'une précision chirurgique et tantôt avec des répliques assassines. En ce qui concerne ces dernières, vous n'avez qu'à penser à la "cassette [de] Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien et Stéphane Dion" débitée par André Boisclair au sujet de la santé. Bref, Dumont a certainement des idées, mais pour être réaliste, il devrait viser des votes de contestation.

Jean Charest a su rester fidèle à ses habitudes en gardant son calme lors du débat. Par contre, visiblement fatigué, le chef du Parti Libéral du Québec (PLQ) a passé beaucoup de temps sur la défensive. Comment peut-on défendre un bilan de quatre ans si mauvais? Demandez à Jean Charest. Comment peut-on dire que tout va bien en santé alors qu'en réalité, ça fait dur? Pour connaître le secret, allez voir ce député de Sherbrooke.

Jean Charest n'a pas eu la soirée facile, mais il a su éviter le K.-O. en gardant la tête haute face à un André Boisclair déstabilisé à certains moments. Contrairement à ce qu'il voulait, même s'il sait poser de bonnes questions offensives, le chef du PLQ n'a jamais réussi à mettre à terre un Mario Dumont qui a la peau aussi dure qu'un coffre fort. Les échanges les plus intéressants étaient plutôt entre Jean Charest et Mario Dumont.

Pour reprendre l'image de Mario Dumont, Jean Charest a beaucoup trop joué au petit jeu du Premier ministre suffisant. Jean Charest a tenté de banaliser les problèmes de santé en maintenant que l'ultime problème est incarné par le manque d'infirmières et de médecins. Pas fort! Cela ne constitue qu'un des problèmes aux même titre que les temps d'attente et l'engorgement des salles d'urgence. Charest est-il devenu vide? Ce n'est pas moi qui vous le dira, mais je peux vous dire qu'il a un bon instinct de survie.

En gros, voici mon classement:

  1. Jean Charest (PLQ): 8.5/10
  2. Mario Dumont (ADQ): 8.5/10
  3. André Boisclair (PQ): 7/10

Finalement, ce débat des chefs (qui est le deuxième que je vois depuis que je suis sérieusement la politique en 2004) laisse la place à une campagne aussi imprévisible qu'une saison de la LNH (pensez au plafond salarial). Ce 26 mars, exprimez-vous, car voter, ce n'est pas rien qu'un droit: c'est d'abord et avant tout un devoir civil.


Autres textes sur le débat des chefs:

1. Un bon débat sans K.-O., par Alain Dubuc

2. Les Québécois ont gagné, par André Pratte

3. Surtout pas la culture, par Nathalie Petrowski

4. Mario en feu, Charest éteint, Vincent Marrissal


6. C'est qui le moins mauvais, par Louise Cousineau

7. Avantage au PQ (mauvais texte)

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